La pénurie d’actions à Wall Street prend fin avec l’essor de l’intelligence artificielle

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Journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies et l'économie numérique, Aliou décrypte l'impact de l'innovation sur la finance. Il explore particulièrement les tendances de la blockchain, des cryptomonnaies et de la digitalisation des services bancaires.
  • Les marchés actions américains se sont asséchés en raison des rachats de titres.
  • Les grandes introductions en Bourse et les augmentations de capital changent la donne.
  • Un afflux de liquidités est désormais attendu sur les marchés.

Il est quelque peu paradoxal que la Bourse, censée être un outil de financement pour les entreprises, voie son volume total d’actions se réduire structurellement depuis plusieurs années à Wall Street. Les nouvelles actions émises via des introductions en Bourse ou des augmentations de capital sont moindres en montant que les rachats d’actions ou les sorties de cote. Cette tendance s’explique en grande partie par les rachats massifs d’actions opérés par les grands groupes de tech qui réduisent le nombre de titres proposés aux investisseurs.

Selon une étude de l’EM Lyon Business School Apple a racheté pour 721 milliards de dollars d’actions entre 1999 et 2024, Alphabet 631 milliards de dollars et Microsoft 311,75 milliards de dollars. 20 sociétés du S&P 100 ont racheté pour 4.205 milliards de titres sur la même période.

À Paris, la cote se dégarnit aussi bien en valeur qu’en nombre d’actions. En 2025, le montant des capitaux levés par les nouvelles introductions en Bourse s’est établi à seulement 64 millions d’euros, alors que les rachats d’actions se sont inscrits à 34,8 milliards d’euros sur le seul CAC 40.

Les méga-introductions en Bourse vont mettre fin à la pénurie d’actions

Cependant, une bascule importante semble s’opérer à Wall Street. Les méga-introductions en Bourse et les grandes augmentations de capital devraient générer plusieurs centaines de milliards de dollars. SpaceX a émis pour plus de 86 milliards de nouveaux titres et pourrait être suivi par Anthropic et OpenAI.

JPMorgan prévoit plus de 260 milliards de dollars d’émissions d’actions cette année, tandis que HSBC table sur 300 milliards de dollars. Les « capex » des hyperscalers devraient atteindre 1.100 milliards de dollars en 2027 et 5.300 milliards de dollars en cumulé sur 2025-2030, selon Goldman Sachs.

Des augmentations de capital massives vont inonder le marché

Les entreprises du secteur de l’IA préparent des augmentations de capital massives. Alphabet a déjà placé pour 84,75 milliards de dollars d’augmentation de capital pour financer le développement de ses infrastructures d’IA. Oracle compte lever au moins 20 milliards de dollars de capital.

UBS s’attend à ce que les augmentations de capital aux États-Unis atteignent 400 milliards de dollars en 2026, plus du double du précédent record. JPMorgan prévoit des flux positifs en 2026 et 2027, avec 200 milliards de dollars de nouvelles actions en 2026 puis 1.300 milliards de dollars.

Les conditions financières sont idéales pour solliciter les actionnaires, avec un S&P 500 qui s’échange à un multiple élevé de 25 fois les bénéfices attendus sur un an. Le coût du capital est inférieur au rendement moyen sur les obligations américaines « investment grade » depuis fin 2023.

La demande est largement suffisante pour absorber les nouveaux flux entrants, avec les ménages américains devenus des acheteurs nets d’actions ces dernières années. Les ETF américains ont enregistré environ 390 milliards de dollars depuis le début de l’année et les annonces de rachats d’actions s’élèvent à 805 milliards de dollars.

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