
L’année 2025 a enregistré un net ralentissement des opérations de fusion-acquisition sur la Bourse de Paris. Selon le cabinet EY, seules 18 offres publiques ont été validées, représentant une chute drastique comparée aux 36 opérations de 2024. Il s’agit du niveau le plus bas observé depuis dix ans. Cette baisse reflète une sélectivité accrue des initiateurs et un recours plus ciblé aux offres publiques.
Malgré le nombre réduit d’opérations, la valeur totale des acquisitions s’est élevée à 4,4 milliards d’euros, grâce à quelques opérations majeures. Trois transactions ont représenté 90% du volume annuel : l’offre de Brookfield sur Neoen pour 1,8 milliard d’euros, celle sur Verallia pour 1,7 milliard d’euros, et l’acquisition d’Exclusive Networks pour 400 millions d’euros. Sans ces trois opérations, le montant total n’aurait atteint que 50 millions d’euros, illustrant la concentration extrême de l’activité.
Les primes offertes aux actionnaires se sont révélées moins généreuses qu’en 2024. La prime médiane a chuté à 25,7% du cours précédent, contre 29,7% l’année précédente. Rapportée à la valeur intrinsèque calculée par les experts indépendants, elle n’atteignait que 10,2%, en baisse significative par rapport aux 15,9% de 2024. Les opérations ont principalement ciblé des sociétés de petite et moyenne capitalisation présentant un flottant limité.
Le secteur technologique a dominé avec 33% des opérations, suivi par l’industrie et les matériaux à 17%. Ces deux secteurs ont concentré 50% de l’activité totale. Au final, douze sociétés ont été retirées de la cote suite à des offres publiques validées en 2025, tandis que des introductions en Bourse précédentes avaient aussi conduit à des retraits, portant le taux de délisting à 71% de l’ensemble des offres publiques.
Le marché des introductions en Bourse a connu une année extrêmement faible avec seulement deux opérations. Semco Technologies et Kaleon ont rejoint Euronext Growth, mobilisant respectivement 64 millions d’euros contre 700 millions levés en 2024. Le compartiment réglementé principal n’a enregistré aucune introduction, reproduisant le scénario de 2023. Cette tendance prolonge le déclin observé depuis 2022, dépassant même la année noire de 2003.
Le flux net entre entrées et sorties demeure profondément négatif pour la quatrième année consécutive avec -29 sociétés. Depuis 2022, environ 21 entreprises quittent la cote chaque année, traduisant une contraction structurelle du marché français. Cette hémorragie n’est compensée ni par les introductions ni par les fusions, révélant un déséquilibre chronique du marché parisien.
Cependant, la qualité des rares sociétés introduites s’est améliorée. Les récentes arrivantes affichent des profils plus robustes avec une rentabilité déjà établie, contrairement aux phases précédentes marquées par des entreprises en développement. Semco Technologies a progressé de 150% depuis son prix d’introduction tandis que Kaleon cote légèrement au-dessus de ses 4 euros initiaux. Des succès antérieurs comme Exosens et Odyssée Technologies confortent cette trajectoire positive.
Le pipeline pour 2026 montre des signes encourageants avec plusieurs dossiers en préparation. Trois introductions de petites et moyennes entreprises de croissance sont programmées au premier semestre, couvrant les secteurs du conseil, de la défense et du luxe. Le groupe KNDS envisage également une double cotation à Francfort et Paris, marquant un retour de projets d’envergure, sous réserve des conditions de marché.



