L’action Eramet chute de 7,6% suite au départ inattendu de son directeur général, une annonce qui provoque un véritable choc sur les marchés financiers

Romain Mazzotti

Le groupe minier Eramet subit une chute boursière importante après le départ surprise de son directeur général Paulo Castellari, qui occupait le poste depuis moins d’un an. Le titre perd plus de 7% à la Bourse de Paris, enregistrant la plus forte baisse de l’indice SBF 120 ce lundi 2 février. Le conseil d’administration a mis fin au mandat avec effet immédiat, citant des divergences sur les modes de fonctionnement sans en détailler la nature.

Castellari avait été nommé à la tête du groupe en février 2025 et avait pris ses fonctions en mai. La présidente Christel Bories assurera la direction générale de façon intérimaire pendant la recherche d’un successeur. Une fois nommé, ce nouveau directeur général séparera à nouveau les postes de président et de directeur général actuellement fusionnés.

Bories a évoqué lors d’une conférence téléphonique des problèmes de méthode et des divergences progressives concernant les processus décisionnels et les relations entre le conseil et la direction générale. Cette annonce intervient quelques semaines avant la publication des comptes annuels prévue le 18 février, amplifiant l’effet de surprise auprès des investisseurs et analystes.

Les analystes d’Oddo BHF considèrent cette annonce comme un choc inattendu vu de l’extérieur. Castellari avait été reconnu pour l’amélioration de la gestion des coûts, notamment avec le lancement du programme ReSolution en décembre dernier. Ce plan vise une amélioration de l’Ebitda de 120 à 150 millions d’euros d’ici 2027 grâce à des gains de productivité et d’économies dans les unités opérationnelles.

Sous sa direction, le projet critique de lithium en Argentine avait retrouvé une trajectoire positive, atteignant les deux tiers de sa capacité nominale en fin d’année après des retards initiaux. Portzamparc qualifie également le départ de surprise, Castellari semblant progressivement prendre ses marques et déployer un plan stratégique ambitieux.

Cette transition crée une période d’incertitude pour la mise en œuvre des réductions de coûts et améliorations opérationnelles jugées essentielles. Oddo BHF souligne que Eramet possède un historique de gouvernance instable, avec des intérêts divergents entre ses deux principaux actionnaires : la famille Duval (37%) et l’État français (30%), ce dernier privilégiant les investissements de croissance face aux distributions d’actionnaires.

Portzamparc estime néanmoins que Christel Bories pourrait assurer une certaine stabilité pendant la phase intérimaire, bien que l’absence prolongée de direction permanente complique l’exécution stratégique du groupe minier.

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