
Les cours pétroliers enregistrent une baisse spectaculaire ce lundi 2 février, dévissant de plus de 5%. Cette chute massive s’explique par les déclarations de Donald Trump favorables à un accord avec l’Iran. Les investisseurs abandonnent leurs craintes d’une intervention militaire américaine qui avaient propulsé les prix à la hausse la semaine précédente.
Le Brent de la mer du Nord recule de 5,2% à 65,69 dollars le baril, tandis que le contrat février du WTI coté à New York chute de 5,5% à 61,61 dollars le baril. Il s’agit de la plus forte baisse enregistrée en une séance depuis six mois. Les marchés pétroliers connaissent une extrême volatilité depuis plusieurs semaines, reflétant les tensions géopolitiques et les variations des métaux précieux.
Les valeurs du secteur pétrolier souffrent directement de cette débâcle. Totalenergies cède 2,3% à la Bourse de Paris. Les sociétés parapétrolières subissent également le contrecoup avec Vallourec en recul de 2% et Viridien perdant 2,8% de sa valeur. Le secteur énergétique enregistre globalement des performances négatives face à l’effondrement des prix.
À l’inverse, le secteur aérien bénéficie largement de cette situation favorable. Air France-KLM affiche la meilleure performance du SBF 120 avec un gain de 2,7%. Pour les compagnies aériennes, la réduction du coût du carburant constitue une excellente nouvelle, les dépenses de kérosène représentant un poste budgétaire majeur. En 2024, cette facture s’élevait à 6,737 milliards d’euros pour le groupe franco-néerlandais.
L’impact financier des fluctuations pétrolières reste considérable pour les transporteurs. Une variation de 10 dollars du baril de Brent modifie la facture carburant d’Air France-KLM de 487 millions de dollars à la hausse ou 432 millions à la baisse. Ces chiffres illustrent la sensibilité du secteur aérien aux évolutions du marché pétrolier et justifient les mouvements boursiers observés.
La semaine précédente, les appréhensions concernant une intervention militaire américaine en Iran avaient propulsé les cours à la hausse. L’Iran produit plus de 3 millions de barils quotidiennement, représentant plus de 10% de la production de l’Opep. Les investisseurs redoutaient particulièrement un blocage du détroit d’Ormuz, passage stratégique entre l’Iran et Oman.
Ce détroit représente un point critique du commerce mondial pétrolier. Environ 20% de la consommation mondiale de pétrole transite par ce passage maritime selon l’Agence américaine de l’énergie. Très peu d’alternatives existent pour acheminer le pétrole si cette voie venait à se fermer, expliquant l’inquiétude des marchés face aux tensions géopolitiques régionales.



