
Le groupe tchèque spécialisé dans les véhicules blindés et les munitions, connu sous l’acronyme CSG, a fait ses débuts boursiers à Amsterdam ce vendredi 23 janvier. Son cours a bondi de 26,3% au premier jour de cotation, atteignant 31,5825 euros contre un prix d’offre fixé à 25 euros. Cette montée spectaculaire reflète un intérêt majeur des investisseurs pour ce géant européen de la défense.
CSG a levé 3,8 milliards d’euros dans cette opération, établissant un record pour le secteur de la défense. Selon Euronext, il s’agit de la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée dans ce domaine, tant au niveau du capital levé que de la capitalisation boursière atteinte. Cette opération marque un tournant pour l’entreprise et pour le marché européen de la défense.
Fondé en 1995 et basé à Prague, CSG s’est construit comme un acteur incontournable en Europe. Le groupe fabrique des véhicules tout-terrain lourds, des systèmes radar, des équipements de contrôle aérien et des munitions de tous calibres. Son portefeuille s’étend même aux montres de luxe. En 2024, le groupe a acquis Kinetic Group, fabricant américain de munitions, pour plus de 2 milliards de dollars.
La croissance financière de CSG s’avère spectaculaire. Son chiffre d’affaires a plus que doublé en un an, passant de 1,7 milliard d’euros en 2023 à 4 milliards d’euros en 2024. Sur une base pro-forma, 94,1% des revenus 2024 proviennent de l’OTAN et de l’Ukraine. L’entreprise a livré un million d’unités de munitions d’artillerie à l’Ukraine l’année dernière, notamment via l’Initiative tchèque pour les munitions soutenue par le gouvernement.
Michal Strnad, propriétaire de CSG, affirme que cette cotation renforce la capacité d’investissement du groupe. L’objectif consiste à développer l’innovation et la présence mondiale tout en consolidant son rôle de fournisseur stratégique pour l’OTAN et ses partenaires. Cette entrée en Bourse représente une étape fondamentale dans la trajectoire de l’entreprise.
CSG n’est pas seule à envisager une cotation boursière. KNDS, fournisseur de systèmes de défense terrestre, prévoit une double introduction à Francfort et à Paris en 2026, sous réserve des conditions de marché. Tom Enders, président du conseil d’administration, estime que le moment est venu et que l’entreprise est préparée pour cette étape. Le secteur de la défense européen s’enrichit ainsi de nouveaux acteurs cotés.
L’appétence du marché pour les entreprises de défense a été confirmée précédemment. TKMS, branche navale militaire de Thyssenkrupp, a progressé de 80% lors de son introduction en octobre dernier à la Bourse de Francfort. Cette opération avait suivi l’annonce de la scission de cette division appelée à jouer un rôle accru dans le réarmement européen face aux ambitions russes et au repli stratégique américain.
Les tensions géopolitiques mondiales alimentent cette dynamique. Depuis un an, plusieurs dirigeants européens prônent des dépenses de défense accrues. Confrontée à la réticence américaine à assurer la sécurité européenne, l’Europe décide de se réarmer. L’Allemagne a annoncé des centaines de milliards d’euros d’investissements dans ce domaine. Ces évolutions structurelles soutiennent fortement le secteur.
Le secteur de la défense surperforme largement les grands indices boursiers depuis le début 2026. Cette tendance s’observe sur les marchés américains, asiatiques et européens. Les tensions entre grandes puissances laissent présager une augmentation continue des budgets militaires au cours des prochaines années, selon les analystes du secteur.



