
Les négociations pour l’acquisition de SFR connaissent un rebondissement majeur. Orange, Bouygues Telecom et Free ont confirmé jeudi 22 janvier poursuivre des discussions avec Altice concernant l’achat potentiel de la majorité des activités de télécommunications du groupe en France. Des travaux d’audit ont débuté en janvier 2026, bien qu’aucun accord ne soit finalisé sur les conditions juridiques et financières.
Le consortium d’opérateurs a rehaussé son offre face aux attentes du propriétaire Patrick Drahi. L’enchère avoisinerait désormais 20 milliards d’euros, contre 17 milliards proposés en octobre et immédiatement rejetés. Patrick Drahi a autorisé une analyse approfondie des comptes de SFR pour intensifier les négociations. Une offre concrète pourrait être formulée dans les deux mois.
La perspective d’une consolidation à trois opérateurs séduit les investisseurs. Orange progresse de 3,6% et Bouygues de 3% à la Bourse de Paris. Cette approche répond au modèle établi depuis l’arrivée d’Iliad en 2012. Les trois opérateurs affichent leur soutien à une réduction du nombre de concurrents sur le marché français.
SFR se trouve en position de faiblesse financière. La dette nette atteint 16 milliards d’euros avec un ratio d’endettement de 5,1, un niveau extrêmement préoccupant. Les prochaines échéances importantes arrivent en 2028, créant une pression temporelle pour trouver une solution. Cette situation rend l’opérateur vulnérable aux négociations.
Des défis réglementaires et politiques subsistent cependant. Un retour à trois opérateurs pourrait augmenter les tarifs pour les consommateurs et menacer l’emploi. L’élection présidentielle française prévue début 2027 constitue un facteur politique majeur. Tout accord encore en cours d’approbation risquerait une complexification accrue à l’approche du scrutin.
Les analystes reconnaissent les bénéfices potentiels de cette consolidation. Barclays évalue entre 4,5 et 12,3 milliards d’euros les synergies possibles en coûts opérationnels et investissements. Bank of America souligne que l’ajustement tarifaire représente la véritable création de valeur, permettant de réduire les pressions concurrentielles chroniques sur le marché français.
Orange devrait clarifier la situation en février. Le 19 février, Orange tiendra sa conférence de presse annuelle accompagnée d’un capital market day, le premier en trois ans. L’entreprise présentera ses perspectives jusqu’en 2028. Ces questions de consolidation devraient logiquement dominer les échanges avec les investisseurs.



