Le géant suisse du négoce de matières premières Glencore a confirmé vendredi être engagé dans des pourparlers préliminaires avec Rio Tinto, son rival australien, en vue d’une fusion potentielle. Cette annonce a provoqué une hausse significative de ses actions à la Bourse de Londres. Les deux groupes explorent la possibilité de fusionner tout ou partie de leurs activités, notamment par échange d’actions, ce qui créerait le plus grand groupe minier mondial d’une valeur dépassant les 260 milliards de dollars.
Cette reprise de discussions intervient après l’échec d’une première tentative en fin 2024, bloquée par des désaccords concernant la valorisation et les actifs charbonniers de Glencore. Rio Tinto dispose jusqu’au 5 février pour formuler une offre ferme, bien que aucune certitude n’existe quant à la conclusion d’un accord. Les deux entreprises maintiennent une prudence de mise face aux enjeux considérables d’une telle transaction.
La restructuration récente de ses activités charbonnières en une seule unité australienne, décidée par Glencore pour la mi-2025, apparaît comme un signal préparatoire à cette fusion potentielle. De plus, le projet concurrent de rapprochement entre Anglo American et Teck Ressources a vraisemblablement accéléré cette relance des négociations dans un secteur en proie à une intense concurrence pour l’exploitation des ressources minières.
Le cuivre demeure au cœur de cette stratégie, ses cours ayant atteint cette semaine un nouveau record à 13 000 dollars la tonne. Ce métal industriel revêt une importance cruciale pour la transition énergétique, notamment pour les éoliennes, panneaux solaires et batteries électriques. Les analystes prévoient une demande structurelle soutenue à long terme, alimentée par les besoins en infrastructures d’énergies renouvelables et en centres de données.
Les marchés financiers ont réagi de façon mitigée. Glencore a bondi de 8,1% à Londres, tandis que Rio Tinto a chuté de plus de 6% à Sydney. Ces transactions de grande ampleur suscitent généralement la méfiance des investisseurs, craignant une dilution des rendements pour les actionnaires. Cependant, les analystes jugent les synergies potentielles suffisamment attractives pour justifier l’optimisme face aux perspectives de cette union stratégique.



