La montée des tensions géopolitiques pousse le fabricant tchèque de véhicules blindés CSG à envisager son introduction en Bourse

Romain Mazzotti

Le groupe tchèque spécialisé dans les véhicules blindés et les munitions, connu sous le sigle CSG, prépare son entrée en Bourse imminente. Cette opération majeure devrait débuter très rapidement et viser une cotation à Amsterdam. CSG envisage de placer 15% de son capital dans le cadre de cette introduction qui pourrait générer plus de 3 milliards d’euros.

Basée à Prague, l’entreprise fondée en 1995 s’est imposée comme l’un des acteurs majeurs de la défense européenne non cotés. Son portefeuille de produits s’étend des véhicules tout-terrain lourds aux systèmes radar, en passant par les munitions de tous calibres. CSG affiche une valorisation estimée à 30 milliards d’euros, bien que Rheinmetall, son concurrent allemand, dépasse les 82 milliards d’euros.

La croissance financière du groupe reste spectaculaire. En 2024, le chiffre d’affaires a plus que doublé, atteignant 4 milliards d’euros comparé à 1,7 milliard en 2023. Les ventes à l’OTAN et l’Ukraine représentent 94,1% des revenus sur une base pro-forma. L’entreprise a également fourni un million d’unités de munitions d’artillerie à l’Ukraine l’année passée.

Ce mouvement d’entrée en Bourse n’est pas isolé dans le secteur. KNDS annonce également une cotation prévue pour 2026 avec une double listing à Francfort et Paris. Les entreprises de défense européennes capitalisen sur l’augmentation substantielle des budgets militaires continentaux, provoquée par des tensions géopolitiques persistantes.

Les gouvernements européens renforcent massivement leurs investissements défense face à la réduction de l’engagement américain. L’Allemagne engage des centaines de milliards d’euros dans ce domaine. Les États-Unis augmentent aussi leur budget militaire drastiquement, le président américain annonçant un doublement quasi complet des dépenses de défense pour 2027.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer