
JPMorgan a dégradé sa recommandation sur TotalEnergies à neutre ce vendredi 5 décembre, préférant son concurrent britannique Shell. Cette décision repose sur une exposition différente aux activités de raffinage et marketing, secteurs moins dépendants des cours du brut que l’exploration-production.
L’action TotalEnergies affiche une performance décevante en 2025, progressant de 6,3% depuis janvier alors que le CAC 40 gagne 10,36%. La major pétrolière française a publié plusieurs résultats décevants, notamment une hausse de sa dette nette et des insuffisances de trésorerie pour financer organiquement sa politique de retour aux actionnaires.
Le groupe a dû réviser sa stratégie en septembre dernier, réduisant significativement ses rachats d’actions trimestriels. L’entreprise a également souffert de la chute des cours du Brent, qui s’est contracté de 15,4% sur l’année 2025. Les marges de raffinage se sont redressées en Europe au troisième trimestre, contrastant avec l’exploration-production qui a vu son résultat reculer de 14%.
JPMorgan anticipe une poursuite de la faiblesse pétrolière. La banque prévoit que le Brent tombera sous 60 dollars le baril en 2026 et 2027, contre 63,3 dollars actuellement. Elle estime que le marché fait face à un excédent d’offre dépassant une demande pourtant solide, créant un déséquilibre structurel du secteur.
Face à ce contexte, JPMorgan privilégie les acteurs mieux exposés au raffinage et au marketing, activités offrant une meilleure protection. Ces secteurs bénéficient d’un environnement favorable, notamment grâce aux fermetures récentes de raffineries en Europe qui soutiennent les marges.
TotalEnergies représente seulement 20% de son résultat opérationnel en raffinage et marketing, bien en dessous de la moyenne sectorielle de 27% et loin derrière Shell et BP qui affichent plus de 30%. La major française est également davantage exposée au gaz naturel, où les prix évoluent défavorablement selon la banque.
Bien que le dividende de 6,4% de TotalEnergies soit attractif, JPMorgan juge que Shell offre un meilleur couple risque-rendement avec une génération de cash comparable. L’établissement affiche une position très prudente sur le secteur pétrolier européen, avec notamment trois recommandations de sous-pondération et seulement deux de surpondération, illustrant une grande réserve face aux perspectives du compartiment.



