L’action Renault présente selon Bank of America un potentiel de hausse dépassant largement les vingt pour cent

Annabelle Chesnu

Bank of America a révisé à la hausse son recommandation sur Renault, passant de neutre à achat, avec un nouvel objectif de cours fixé à 42 euros. Cette révision valorise le titre à un potentiel d’appréciation supérieur à 20%, bien au-delà du cours de clôture de mercredi à 34,8 euros. Le titre a d’ailleurs bondi de 6,6% jeudi à la Bourse de Paris, devenant la plus forte hausse de l’indice CAC 40.

Le constructeur automobile français souffre d’une valorisation dépréciée depuis plusieurs chocs cette année. La banque américaine souligne que Renault se négocie à seulement 4,3 fois les bénéfices attendus, soit 20% moins cher que son concurrent Stellantis. En ajustant pour la position de trésorerie et la participation dans Nissan, le groupe affiche même une valorisation négative de ses activités automobiles et de financement. Cette sous-évaluation contraste fortement avec le potentiel perçu par Bank of America.

Les mauvaises nouvelles se sont accumulées sur Renault au cours de l’année. Le départ du directeur général Luca de Meo pour prendre la tête de Kering a marqué les esprits, suivi d’un avertissement sur résultats en juillet lié à la faiblesse du marché européen des véhicules utilitaires. L’action avait perdu 18,5% en une seule séance après cette annonce. Des inquiétudes persistantes sur la dégradation du pricing compliquent davantage la situation du groupe au losange.

Bank of America ne s’attend pas à une amélioration immédiate des résultats. La banque prévoit une baisse de la marge opérationnelle à 5,8% en 2026 contre 6,4% en 2025, due notamment à la croissance dans les marchés émergents à faible rentabilité et à l’augmentation de la part des véhicules électriques. Cependant, la direction ayant déjà signalé cette baisse aux analystes, le marché ne sera pas surpris, ce qui limite le risque de nouvelle déception.

Plusieurs catalyseurs positifs pourraient soutenir le titre selon la banque. Le respect de l’objectif de marge opérationnelle 2025 de 6,5% pourrait déclencher un rallye de soulagement si atteint. La présentation du nouveau plan stratégique au premier trimestre 2026 offre également une opportunité, avec des attentes actuellement faibles qui pourraient être dépassées. L’administration Trump devrait assouplir les normes d’émissions de CO₂, ce qui bénéficiera particulièrement à Renault.

Bank of America anticipe des allègements réglementaires tant aux États-Unis qu’en Europe. Le report de l’interdiction des véhicules thermiques au-delà de 2040 et une réduction potentielle de 50% des objectifs de CO₂ pour 2035 favoriseraient les constructeurs investis en moteurs traditionnels. Renault réalise 70% de ses ventes et 80% de son chiffre d’affaires en Europe, ce qui le positionne idéalement pour bénéficier de cet assouplissement réglementaire.

Les petits véhicules électriques abordables de Renault, comme la R4, la R5 et la Dacia Spring, alignent les nouvelles subventions allemandes. Un assouplissement des règles de sécurité profiterait également à la gamme de petites voitures du groupe. La participation de Renault dans Nissan apportera des bénéfices indirects si l’administration Trump facilite la réglementation automobile, puisque Nissan tire 50% de ses revenus d’Amérique du Nord.

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