Les analystes abaissent leur confiance en Vinci, qui peine à progresser à la Bourse de Paris

Esteban Ortega

Le groupe Vinci connaît un repli significatif à la Bourse ce mercredi 3 décembre, accusant la plus forte baisse du CAC 40 avec un recul de 2,22%. Deux analystes réputés ont abaissé leurs recommandations en quarante-huit heures. JPMorgan est passée de « surpondérer » à « neutre » tandis que Morgan Stanley a modifié son conseil de « surpondérer » à « pondération en ligne ».

JPMorgan justifie son repositionnement en soulignant l’absence de catalyseurs significatifs pour l’action à court terme. Le groupe a enregistré une hausse de dix-neuf pour cent sur l’année 2025, épuisant son potentiel immédiat selon la banque américaine. Aucune surprise positive n’est attendue en 2026. Le plan allemand d’infrastructures ne devrait soutenir les bénéfices qu’à partir de 2027.

L’environnement politique français représente un obstacle majeur pour la valorisation de Vinci. JPMorgan craint une augmentation de la taxe sur les infrastructures ou une prolongation de la surtaxe actuelle, facteurs qui pèseraient sur les marchés au moins jusqu’aux élections de 2027. Les exploitants de routes à péage apparaissent particulièrement vulnérables. La taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance, introduite en 2024, prélève actuellement 4,6% des recettes au-delà de 120 millions d’euros. Un amendement socialiste propose de porter ce taux à dix pour cent.

Pour Vinci et Eiffage, les concessions autoroutières constituent une source majeure de rentabilité. Les autoroutes représentent près de quarante pour cent du résultat brut d’exploitation de Vinci. Cette dépendance aux revenus autoroutiers expose le groupe à des risques fiscaux accrus dans le contexte politique actuel. JPMorgan privilégie désormais Eiffage en raison d’une valorisation plus attractive et d’une exposition plus importante aux catalyseurs européens.

Morgan Stanley soulève des préoccupations sur les deux principaux moteurs de croissance de Vinci. Vinci Airports, autrefois machine à croissance avec un Ebitda progressant de six pour cent annuellement, devrait décélérer significativement. La croissance du trafic stagnera à trois pour cent par an. Les revenus et l’Ebitda progresseront respectivement de cinq et quatre pour cent, des niveaux bien inférieurs aux performances de la décennie précédente.

Les divisions énergétiques, Cobra IS et Vinci Energies, franchissent un cap critique selon Morgan Stanley. Les années dorées de forte croissance et d’expansion des marges sont révolues. Les concurrents comme Spie, Eiffage Energy Systems et Bouygues Equans offrent des profils d’investissement comparables avec des attentes moins élevées et un potentiel d’accroissement des marges supérieur. Ces alternatives deviennent progressivement plus attrayantes pour les investisseurs.

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