
FDJ United, renommée ainsi depuis mars, connaît une année boursière désastreuse. Son action s’est effondrée de 37,5% depuis le début de l’année, victime de multiples pressions réglementaires. JPMorgan a considérablement dégradé son appréciation sur le titre, le ramenant de « surperformance » à « sous-performance », illustrant un revirement complet de stratégie.
Le Royaume-Uni et les Pays-Bas représentent désormais des marchés essentiels pour le groupe depuis l’acquisition de Kindred en 2024. Ces deux régions ont cependant imposé des mesures réglementaires strictes affectant profondément les performances. Le Royaume-Uni a renforcé les contrôles de solvabilité des joueurs, tandis que les Pays-Bas ont introduit des plafonds de dépôts et majoré les taxes sur les paris sportifs et les loteries.
En France, la loi de Finances 2025 a alourdi les prélèvements sociaux sur divers jeux d’argent. FDJ United estime cet impact à 90 millions d’euros en année pleine. Ces mesures fiscales cumulées dans plusieurs pays expliquent largement la dégradation des résultats publiés par la société, qui a révisé à la baisse ses objectifs de revenus pour 2025.
JPMorgan a divisé par deux son objectif de cours, le ramenant de 42 euros à 22,5 euros, soit 8% sous le cours de clôture du lundi. La division « paris et jeux en ligne » affiche des performances catastrophiques : recul de 13% en glissement annuel sur les neuf premiers mois, avec un effondrement de 46% aux Pays-Bas et 23% au Royaume-Uni. Ces résultats contredisent les promesses initiales de l’acquisition Kindred.
L’analyse de JPMorgan révèle que les objectifs d’ici 2028 semblent désormais inatteignables. Le groupe vise une croissance annuelle de 5% et une marge d’Ebitda supérieure à 26%, mais JPMorgan prévoit respectivement 4% et 23,2%. La banque anticipe également un impact fiscal de 72 millions d’euros en 2026 dans plusieurs pays, montrant que les turbulences réglementaires persisteront.
JPMorgan souligne également que la fragilité macroéconomique française handicape la consommation globale. FDJ demeure fortement exposée au marché français, ce qui complique sa trajectoire de redressement. L’environnement réglementaire hostile, conjugué à cette exposition géographique concentrée, laisse présager des difficultés prolongées pour le groupe.



