
Michelin figure parmi les plus grandes déceptions de l’année 2025 au sein du CAC 40. Le fabricant de pneumatiques enregistre une baisse de 11% depuis le début de l’exercice, le positionnant dans le quartile inférieur de l’indice parisien. Cette performance décevante reflète une série de revers qui ont ébranlé la confiance des marchés financiers.
Le groupe a déçu à plusieurs reprises par ses publications trimestrielles et, notamment, par un avertissement sur résultats lancé en octobre. L’abaissement de la cible 2025 concernant la marge opérationnelle a particulièrement impacté les investisseurs. Cette mesure représente un indicateur central de la rentabilité du groupe.
Au-delà de cet avertissement, Michelin subit depuis plus de deux ans une baisse continue des volumes. Selon Bernstein, le pneumaticien connaît quatorze trimestres consécutifs de recul. Cette tendance prolongée soulève des inquiétudes quant à la capacité du groupe à renouer avec la croissance à court terme.
Morgan Stanley a révisé sa position vis-à-vis du groupe le 2 décembre en abandonnant sa recommandation « surpondérer » pour adopter une notation « pondération en ligne ». Ce passage équivaut à réduire de « acheter » à « neutre ». L’objectif de cours a également été abaissé à 30 euros contre 31 euros précédemment.
La banque américaine juge que le consensus du marché s’avère trop optimiste concernant la trajectoire d’amélioration des marges. Elle anticipe notamment une forte hausse au premier semestre 2026 qui paraît prématurée. Morgan Stanley conclut qu’il est trop tôt pour adopter une position positive.
Les projections de Morgan Stanley révèlent un calendrier de redressement étalé. Une baisse de 20% du résultat opérationnel est attendue en 2025, suivie d’un recul de 8% au premier semestre 2026. Un rebond significatif de 31% devrait intervenir au second semestre, puis une progression de 15% en 2027.
Les investisseurs devront attendre la publication des résultats semestriels de juillet 2026 pour observer un changement de tendance dans la rentabilité. Les revenus ne devraient progresser qu’au second semestre 2026, porté par une reprise des volumes sur les pneumatiques agricoles et pour poids lourds. Une amélioration des prix des matières premières agricoles devrait soutenir cette reprise.
Le marché des pneus pour poids lourds, représentant 24% des revenus, connaît actuellement une pression accrue liée aux importations asiatiques bon marché. Cependant, la demande devrait s’améliorer en seconde partie d’année selon Morgan Stanley. Le constructeur suédois Volvo anticipe une hausse de 3% de ses revenus en 2026, signalant une amélioration potentielle du secteur.
Morgan Stanley maintient sa recommandation à « pondération en ligne » en estimant qu’une réduction à « sous-pondération » ne se justifie pas. La valorisation actuelle du groupe reste raisonnable et le rendement du dividende, environ 6%, offre un soutien supplémentaire aux cours. Le bilan solide et le programme de rachat d’actions en cours devraient également contribuer à stabiliser l’action à court terme.



