Air France-KLM traverse une période mouvementée depuis la publication de ses résultats du troisième trimestre. Le groupe aérien franco-néerlandais a déçu le marché malgré des performances acceptables en matière de maîtrise des coûts. L’action avait alors chuté de près de 15% en une séance unique, reflétant un contexte économique dégradé marqué par la faiblesse des liaisons courtes distances et du secteur du fret aérien.
Le titre retrouve cependant de l’élan ce début décembre avec une hausse de 7,5%, surperformant nettement un marché en baisse. JPMorgan, la banque américaine de premier plan, a décidé de relever son positionnement sur le dossier en passant de neutre à surpondérer, équivalent à une recommandation d’achat. L’établissement porte son objectif de cours à 14 euros contre 8 euros précédemment.
Cette amélioration de recommandation s’appuie sur une confiance accrue dans les perspectives d’amélioration des résultats futurs. JPMorgan prévoit une croissance des capacités de 4% pour l’année à venir tandis que la demande progresserait de 2,4%. Le potentiel identifié atteint 32% par rapport au cours de vendredi. La hausse de la recette unitaire serait soutenue par une augmentation de 0,4%, facilitée notamment par le renforcement de l’offre haut de gamme.
Air France-KLM a considérablement renforcé ses cabines premium au cours des dernières années. Chez Air France, les sièges premium représentent désormais 9% de la flotte contre 8% en 2022, avec une projection de 10% horizon 2028. KLM accélère davantage avec une progression de 0% à 6% actuellement et un objectif de 9% en 2028. Cette premiumisation représente un levier majeur de création de valeur pour le groupe. JPMorgan estime que la marge opérationnelle progresserait de 100 points de base pour atteindre 6,8% en 2026, approchant ainsi son record de 7,2%.
Cependant, d’autres analystes demeurent réservés face à cette stratégie. Barclays reconnaît que la demande pour les voyages premium reste robuste, particulièrement depuis la France où les destinations prestigieuses attirent une clientèle fortunée mondiale. La banque britannique redoute néanmoins une dépendance excessive envers ce segment volatil. Elle craint que tout retournement des marchés financiers n’érode brutalement la demande pour les services haut de gamme, rendant les revenus unitaires des compagnies aériennes encore plus instables que leur volatilité naturelle.



