Stellantis peut-il continuer à progresser en Bourse alors que l’Europe perd face à la Chine ?

Stellantis peut-il continuer à progresser en Bourse alors que l’Europe perd face à la Chine ?

Esteban Ortega

L’industrie automobile européenne affronte une crise majeure face à la domination croissante de la Chine. La Chine a acquis un avantage technologique considérable dans la production de véhicules électriques et hybrides, dépassant les constructeurs européens autrefois leaders mondiaux. Cette situation résulte d’une stratégie agressive chinoise combinée à une préparation insuffisante du secteur européen.

La décision européenne d’interdire les moteurs thermiques en 2035 s’avère problématique. En optant massivement pour l’électrique sans infrastructure industrielle adéquate, l’Europe s’est exposée à une concurrence déjà largement dominante. Le retard accumulé paraît difficile à combler, même si cette échéance était reportée. Les constructeurs chinois conquièrent désormais tous les segments du marché automobile.

Les marques chinoises, notamment BYD, proposent des véhicules hybrides à des prix imbattables grâce à des coûts salariaux réduits, des batteries supérieures et des subventions publiques massives. L’Europe ne dispose d’aucun droit de douane sur ces véhicules, la rendant vulnérable face à cette concurrence sans précédent. Les géants européens comme Stellantis subissent les conséquences directes de cette montée en puissance chinoise sans stratégie claire de protection.

Stellantis, créé en 2021 de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, réunit quatorze marques majeures. L’action a chuté de 70% depuis son pic de mars 2024. Elle affiche une baisse de 40% en 2024 et 30% en 2025, échangée actuellement autour de 9 euros avec un dividende de 0,68 euro. Les résultats du troisième trimestre affichent une légère croissance trompeuse résultant surtout d’une comparaison favorable après l’effondrement de 2024.

La situation nord-américaine de Stellantis s’avère particulièrement préoccupante. Les ventes ont souffert de stocks excessifs et d’augmentations tarifaires mal acceptées des clients. La stratégie de l’ancien directeur général Carlos Tavares, basée sur l’augmentation des prix et la réduction des coûts, a initialement gonflé les marges avant de détériorer les relations commerciales et de provoquer des pertes de parts de marché. Au premier semestre 2025, les revenus se sont effondrés et l’activité nord-américaine est devenue déficitaire.

Antonio Filosa, nouveau directeur général, tente de rassurer sans convaincre complètement. Son plan reste jugé imprécis par les analystes. Un grand plan stratégique est attendu pour 2026 qui pourrait inclure des décisions majeures concernant certaines marques du groupe. Le marché demeure prudent et réclame des preuves tangibles avant de retrouver confiance dans le titre.

L’analyse technique recommande la prudence absolue sur Stellantis. L’action ne devrait être envisagée que si elle dépasse 10 euros, soutenue par une amélioration réelle des résultats. Actuellement, elle évolue entre 7,60 euros et 9,55 euros, dans une zone d’indécision. Tout achat au niveau actuel constitue une spéculation très risquée réservée aux profils les plus agressifs. Tant que le titre reste dans cette zone de prix, les investisseurs prudents devraient s’en abstenir.

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