L’Assemblée nationale valide la nationalisation d’ArcelorMittal, une mesure défendue par La France insoumise que nous décortiquons pour vous

Esteban Ortega

L’Assemblée nationale a adopté jeudi soir une proposition de loi visant la nationalisation d’ArcelorMittal, leader français de l’acier. Présentée par La France insoumise lors de leur niche parlementaire, le texte a recueilli 127 voix pour et 41 contre. Les écologistes, communistes et socialistes ont apporté leur soutien, bien que ces derniers préféraient une approche différente. Le Rassemblement national s’est abstenu après avoir déposé 310 amendements, tandis que le gouvernement a voté contre.

Le ministre de l’Économie Roland Lescure qualifie cette mesure de «formule magique populiste face à un problème structurel». Il affirme que la nationalisation ne résoudra pas les enjeux de concurrence déloyale qui affectent l’entreprise. Pour lui, la France a besoin d’une stratégie industrielle claire plutôt que d’une simple prise de contrôle public. Le gouvernement estime que cette approche fragiliserait l’emploi au lieu de le protéger.

Les insoumis ont célébré ce scrutin comme une victoire historique majeure pour le secteur sidérurgique français. Mathilde Panot et Jean-Luc Mélenchon ont salué l’adoption du texte en première lecture. Cependant, la proposition doit encore franchir l’étape cruciale du Sénat, dominé par la droite. Les députés de la majorité présidentielle prédisent que le Sénat rejettera définitivement cette loi.

La mesure prévoit un transfert d’ArcelorMittal sous contrôle public pour trois milliards d’euros, visant à préserver les 15 000 emplois menacés par un plan social. Selon La France insoumise, cette nationalisation permettrait également de relancer les investissements dans la décarbonation des installations. Jeudi, environ 300 militants ont manifesté près de l’Assemblée nationale en soutien à cette proposition.

Le gouvernement privilégie une réponse européenne face à la concurrence asiatique qu’il qualifie de «tsunami» d’acier importé. Un plan acier sera examiné le 3 décembre au Parlement européen, proposant des quotas et des taxes douanières sur les importations étrangères. La CGT demande au gouvernement de convertir immédiatement les aides publiques en participations au capital, une mesure qu’elle juge réalisable sans coût supplémentaire.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer