
Le conglomérat japonais SoftBank, figure de proue des investissements technologiques mondiaux, a publié des résultats trimestriels en forte hausse. Tirant parti de sa stratégie pivot vers l’intelligence artificielle, le groupe a enregistré une spectaculaire augmentation de son bénéfice net, principalement grâce à ses placements stratégiques dans OpenAI et Nvidia.
Sur le deuxième trimestre de son exercice fiscal 2025-2026, SoftBank a affiché un bénéfice net de 2 500 milliards de yens, soit environ 14 milliards d’euros. Ce résultat surpasse de très loin les anticipations du consensus Bloomberg, estimées à 418 milliards de yens. Il s’agit de plus du double du gain dégagé un an auparavant.
Les ventes nettes du groupe se sont, elles aussi, inscrites à la hausse (+8,4% sur un an) pour s’établir à 1 916 milliards de yens, tandis que le résultat agrégé sur investissements grimpait de 64% et atteignait 3 440 milliards de yens. Cette performance marque un tournant radical après une année 2023-2024 marquée par la volatilité des actifs technologiques, synonyme alors de lourdes pertes.
Sauts majeurs grâce à OpenAI et Nvidia pour SoftBank
En mars, le groupe piloté par Masayoshi Son a conclu un accord avec OpenAI, la société californienne d’IA générative à l’origine de ChatGPT, y injectant un montant massif de 30 milliards de dollars. Cette opération, qualifiée de “pari d’ores et déjà gagnant”, s’est traduite par une envolée des gains sur investissements ce trimestre. « SoftBank est en passe de réaliser son année la plus profitable depuis 2020, grâce aux gains réalisés sur ses investissements dans OpenAI, qui lui ont permis d’obtenir (au deuxième trimestre) des résultats nettement supérieurs aux estimations », indiquent les analystes de Bloomberg Intelligence.
SoftBank collabore également avec OpenAI au sein du projet « Stargate », dévoilé par Donald Trump aux côtés de Masayoshi Son. L’initiative prévoit au moins 500 milliards de dollars d’investissements sur quatre ans dans les infrastructures IA, principalement des centres de données aux États-Unis.
S’agissant de Nvidia, spécialiste incontournable des semi-conducteurs pour l’IA, SoftBank avait porté sa participation à plus de 3 milliards de dollars fin mars. La flambée du titre, qui a permis à Nvidia d’atteindre fin octobre les 5 000 milliards de dollars de capitalisation, s’est révélée très lucrative pour le conglomérat nippon.
Diversification accrue dans les semi-conducteurs et la robotique
En octobre, SoftBank a indiqué s’être séparé de l’intégralité de ses actions Nvidia pour un total de 5,83 milliards de dollars, sans autre détail sur la plus-value générée. Fidèle à sa politique de discrétion sur ses prévisions, le groupe n’a pas fourni d’objectifs chiffrés pour l’exercice en cours. Cependant, Bloomberg Intelligence souligne : « Son portefeuille pourrait continuer de bénéficier de l’engouement actuel pour l’IA : les gains réalisés sur les actions cotées (de ses fonds) Vision Fund et les investissements distincts dans des entreprises leaders de l’IA ont commencé à générer une rentabilité constante, contribuant à la hausse de la valeur nette des actifs ».
Toujours dans cette optique de diversification, SoftBank a annoncé en mars l’acquisition d’Ampere Computing, concepteur américain de semi-conducteurs, valorisée à 6,5 milliards de dollars. Cette opération complète l’offre technologique d’Arm Holdings, fleuron britannique du microprocesseur sous contrôle majoritaire de SoftBank.
En octobre, une nouvelle étape fut franchie avec le rachat de la division robotique industrielle du groupe ABB, valorisée à 5,3 milliards de dollars. ABB se distingue notamment dans les robots de peinture automobile et le transport automatisé de charges.
SoftBank dope sa valeur boursière et adopte un fractionnement d’actions
Sur fond d’enthousiasme boursier autour de l’IA et d’une envolée générale des valeurs technologiques à Wall Street, SoftBank a vu son propre titre gagner 146% depuis le début de l’année à la Bourse de Tokyo, atteignant 22 695 yens (127 euros).
Pour élargir davantage sa base d’investisseurs, la société a annoncé le fractionnement du titre : chaque action sera divisée par quatre à compter du 1er janvier, rendant le titre « plus accessible aux investisseurs et élargissant encore sa base d’actionnaires », selon le communiqué du groupe.



