Kering s’apprête à vivre une période charnière. Les actionnaires du groupe ont récemment entériné la nomination de Luca de Meo à la direction générale, un changement majeur alors que l’entreprise doit affronter de nombreux défis pour améliorer sa situation.
Le nouveau patron s’engage à agir rapidement afin de relever des défis considérables, notamment la relance de Gucci, la réduction de la dette et la redynamisation de l’image de l’ensemble des marques de Kering. À ce titre, toute aide extérieure est la bienvenue pour la société en pleine mutation.
Un soutien notable provient du fonds d’investissement qatari Mayhoola. Ce dernier a accepté de repousser l’échéance permettant à Kering de racheter la totalité du capital de Valentino, offrant ainsi un précieux délai au groupe français. Selon le communiqué, les options de vente initialement prévues pour 2026 et 2027 sont désormais reportées à 2028 et 2029.
« Par ailleurs, l’option d’achat dont bénéficie Kering, initialement prévue pour 2028, est différée à 2029 », précise le groupe. Cela signifie que la structure actionnariale de Valentino ne devrait pas évoluer avant 2028 au plus tôt, stabilisant ainsi la situation à court terme.
La Bourse de Paris a réagi positivement à cette annonce. L’action Kering a progressé de 1,3% à 236,50 euros en fin de matinée, après avoir connu une hausse de 2,6% en début de séance. Pour l’instant, Kering n’aura donc pas à engager de nouveaux investissements importants pour finaliser l’acquisition de Valentino.
Cette flexibilité arrive à un moment où la santé financière du groupe reste fragile. Le dernier rapport semestriel du groupe estimait la valeur de l’engagement pour Valentino à environ quatre milliards d’euros. Malgré une réduction de l’endettement net, celui-ci s’élevait encore à 9,5 milliards d’euros au premier semestre, contre 10,5 milliards fin 2024 grâce à la vente d’actifs immobiliers.
Relancer Gucci demeure une priorité absolue. La marque phare du groupe représente à elle seule près de 40% des ventes et la moitié du résultat opérationnel courant. Pourtant, ses résultats au premier semestre sont en forte baisse, avec une chute de 25% sur un an. D’autres marques comme Yves Saint Laurent accusent également une baisse d’activité.
François-Henri Pinault, président de Kering, a annoncé que Luca de Meo présentera sa feuille de route stratégique au printemps 2026. Toutefois, des initiatives seront engagées bien avant, avec des « décisions importantes » attendues d’ici la fin de l’année.
Luca de Meo a clairement affiché ses intentions, déclarant : « Nous devrons continuer à nous désendetter et, là où cela s’impose, rationaliser, réorganiser et repositionner certaines de nos marques ». Il s’est engagé « à agir sans délai » avec « des choix clairs et forts », tout en ajoutant que « ces décisions ne seront pas toujours faciles ».



